Marco jurídico

La Ley de Contratación Pública de 2016: lo que todo empresario debe saber

La ley belga del 17 de junio de 2016: principios, procedimientos, umbrales y modificaciones recientes.

15 septembre 2025

La loi du 17 juin 2016 relative aux marchés publics constitue le fondement du droit belge de la commande publique. Elle remplace l’ancienne loi du 15 juin 2006 et transpose les directives européennes 2014/24/UE (secteurs classiques) et 2014/25/UE (secteurs spéciaux) en droit belge. En vigueur depuis le 30 juin 2017, elle régit la manière dont les pouvoirs publics en Belgique mettent sur le marché leurs contrats de travaux, de fournitures et de services.

En tant qu’entrepreneur participant aux marchés publics, cette loi est votre terrain de jeu quotidien. Dans cet article, nous expliquons les principes fondamentaux, les procédures et les principaux points d’attention — sans jargon juridique, mais de manière précise et complète.

Les quatre principes fondamentaux

La loi repose sur quatre principes qui reviennent dans chaque passation de marché, d’un petit contrat de 30 000 euros à un méga-projet européen :

Égalité et non-discrimination. Tous les entrepreneurs doivent être traités de manière égale. Un pouvoir adjudicateur ne peut pas rédiger un cahier des charges taillé sur mesure pour un fournisseur spécifique, ni appliquer des critères de sélection qui excluent les entrepreneurs étrangers sans justification objective.

Transparence. Les règles du jeu doivent être claires à l’avance. Le cahier des charges doit contenir tous les critères d’attribution, les pondérations et les conditions. Un pouvoir adjudicateur ne peut pas ajouter de nouveaux critères ou modifier les pondérations après coup.

Proportionnalité. Les exigences doivent être proportionnelles au marché. On ne peut pas exiger des références d’autoroutes d’un entrepreneur qui construit une piste cyclable communale.

Concurrence. La loi protège la concurrence loyale. L’article 5 interdit expressément la restriction artificielle de la concurrence — tant par le pouvoir adjudicateur que par les soumissionnaires eux-mêmes (pensez aux ententes sur les prix ou à la répartition des marchés).

Ces principes ne sont pas de la théorie abstraite. Ils constituent le fondement sur lequel vous pouvez introduire un recours si vous estimez qu’un marché a été mené de manière déloyale.

Qui est soumis à la loi ?

La loi s’applique à tous les pouvoirs adjudicateurs des secteurs classiques : services publics fédéraux, communautés, régions, provinces, communes, CPAS, intercommunales et organismes de droit public. En outre, certaines entreprises privées y sont également soumises si elles opèrent dans les secteurs spéciaux (eau, énergie, transport, services postaux) ou si elles sont subventionnées à plus de 50 % par des fonds publics.

En pratique, cela signifie que vous êtes confronté aux mêmes règles de base en tant qu’entrepreneur, que vous soumissionniez pour un marché de la ville de Gand, du gouvernement flamand ou d’une intercommunale en Wallonie.

Les six procédures de passation

La loi de 2016 prévoit six procédures. La procédure applicable dépend de la valeur estimée, de la complexité et de la possibilité de négocier.

1. Procédure ouverte

La procédure la plus directe. Tout entrepreneur peut soumettre une offre. La sélection et l’attribution se déroulent en une seule phase. Il n’y a pas de négociation — votre offre est votre offre. Adaptée aux marchés où le cahier des charges est clair et le marché compte suffisamment de fournisseurs.

2. Procédure restreinte

Fonctionne en deux phases. Vous soumettez d’abord une demande de participation (la phase de sélection). Le pouvoir adjudicateur sélectionne les candidats sur la base de critères qualitatifs. Seuls les candidats sélectionnés peuvent ensuite soumettre une offre. Utile lorsque le pouvoir adjudicateur souhaite limiter le nombre de soumissionnaires, par exemple pour des marchés complexes.

3. Procédure concurrentielle avec négociation

Également en deux phases, mais ici le pouvoir adjudicateur peut négocier avec les soumissionnaires sur les conditions après réception des offres. C’est une procédure couramment utilisée pour les marchés inférieurs au seuil européen pour les fournitures et services, ou pour les travaux inférieurs à 750 000 euros. Le pouvoir adjudicateur doit justifier ce choix.

4. Procédure négociée simplifiée avec publication préalable

Une procédure en une seule phase, spécifiquement pour les marchés inférieurs aux seuils européens. Le marché est publié, tout entrepreneur intéressé peut soumettre une offre, et la négociation est autorisée. Le délai de soumission n’est que de 22 jours. En pratique, c’est l’une des procédures les plus utilisées pour les marchés de taille moyenne.

5. Procédure négociée sans publication préalable

Le pouvoir adjudicateur invite directement un certain nombre d’entrepreneurs (au moins trois, si possible) à soumettre une offre. Pas d’annonce publique. Uniquement autorisée sous des conditions strictes, dont la principale : la valeur estimée est inférieure au seuil européen pour les fournitures et services (140 000 euros pour les autorités fédérales, 221 000 euros pour les autres pouvoirs adjudicateurs pour la période 2024-2025). Le pouvoir adjudicateur doit justifier ce choix de manière approfondie.

6. Marchés de faible montant

Pour les marchés inférieurs à 30 000 euros (hors TVA). Ceux-ci peuvent être conclus par simple facture acceptée. Le pouvoir adjudicateur doit toujours rechercher la concurrence, mais les procédures formelles sont minimales.

Seuils : quand belge, quand européen ?

La valeur estimée du marché détermine quelles règles de publication s’appliquent. En dessous des seuils européens, une publication belge (via e-Notification) suffit. Au-dessus des seuils, le marché doit également être publié au niveau européen via TED (Tenders Electronic Daily).

Les seuils européens sont révisés tous les deux ans sur la base des taux de change internationaux. Pour la période 2026-2027, les montants suivants s’appliquent (hors TVA) :

Type de marchéSeuil 2024-2025Seuil 2026-2027
Travaux5 538 000 €5 404 000 €
Fournitures & services (autorités fédérales)143 000 €140 000 €
Fournitures & services (autres pouvoirs adjudicateurs)221 000 €216 000 €
Secteurs spéciaux — fournitures & services443 000 €432 000 €

Ces seuils sont fixés par le Règlement délégué (UE) 2025/3009 de la Commission européenne. Dans les cas limites, il est important d’appliquer le seuil correct — un marché juste au-dessus du seuil doit être publié au niveau européen, avec des délais plus longs et des procédures plus strictes.

Le DUME : votre CV standard pour les marchés publics

Pour les marchés au-dessus des seuils européens, le Document Unique de Marché Européen (DUME) est obligatoire. Il s’agit d’un formulaire standardisé dans lequel vous déclarez en tant qu’entrepreneur que vous remplissez les conditions de sélection (pas de motifs d’exclusion, capacité financière, capacité technique) — sans devoir fournir immédiatement toutes les pièces justificatives.

Le grand avantage : vous n’avez pas besoin de rassembler les mêmes attestations et certificats pour chaque soumission. Seul le soumissionnaire retenu doit finalement produire les pièces justificatives. Le DUME existe en format XML, ce qui vous permet de le réutiliser pour les soumissions suivantes.

Pour les marchés en dessous des seuils européens, le DUME n’est pas obligatoire, mais certains pouvoirs adjudicateurs le demandent quand même. Dans ce cas, cela est mentionné dans le cahier des charges.

Base forfaitaire et révision des prix

Un point subtil mais important : les marchés publics sont en principe passés sur une base forfaitaire (article 9). Cela signifie que vous proposez en tant que soumissionnaire un prix fixe pour l’ensemble des prestations. Vous supportez le risque de prix.

Cependant, la loi prévoit expressément la possibilité de clauses de révision des prix — des formules qui ajustent le prix en fonction de l’évolution des salaires, des matériaux ou d’autres composantes de coûts. Ces clauses doivent figurer clairement dans le cahier des charges. En tant que soumissionnaire, il est crucial de vérifier si la formule de révision est réaliste et reflète votre évolution réelle des coûts.

Modifications récentes et évolutions

La loi de 2016 n’est pas un document statique. Elle a été modifiée à plusieurs reprises :

Loi du 22 décembre 2023 — Meilleur accès pour les PME. Cette modification oblige les pouvoirs adjudicateurs à diviser les marchés en lots lorsque c’est possible et à maintenir les exigences de sélection proportionnelles. L’objectif : abaisser les barrières pour les petites et moyennes entreprises.

AR du 13 août 2023 — Gouvernance et contrôle. Cet arrêté royal renforce les règles de gouvernance lors de la passation et de l’exécution des marchés, avec une attention particulière pour l’intégrité et les conflits d’intérêts.

eForms (2024). La nouvelle norme européenne pour les avis de marchés remplace les anciens formulaires. Pour les soumissionnaires, peu de choses changent, mais les données structurées facilitent la recherche et l’analyse des marchés — précisément ce que font des outils comme TenderWolf.

Révision européenne (attendue 2026-2027). Le Parlement européen a appelé en septembre 2024 à une augmentation significative des seuils pour les fournitures et services. Les seuils actuels datent essentiellement de 1994. La Commission européenne prépare une proposition attendue au second semestre 2026.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous en tant qu’entrepreneur ?

Conseil : Les quatre principes fondamentaux — égalité, transparence, proportionnalité et concurrence — sont votre arme légale si vous pensez qu'un marché a été mené déloyalement. Un cahier des charges qui impose des exigences disproportionnées ou qui restreint la concurrence de manière non justifiée viole ces principes. Vous pouvez poser des questions via le forum ou, dans les cas graves, introduire un recours au Conseil d'État. Ne restez pas passif face à une injustice procédurale.

La loi sur les marchés publics de 2016 offre aux entrepreneurs un cadre clair, mais exige que vous connaissiez les règles du jeu :

Connaissez la procédure applicable à votre marché. Une procédure ouverte fonctionne fondamentalement différemment d’une procédure négociée — votre stratégie doit être adaptée en conséquence.

Vérifiez les seuils. Ils déterminent quelle procédure le pouvoir adjudicateur peut utiliser, si le marché doit être publié au niveau européen, et si un DUME est requis.

Lisez le cahier des charges attentivement. Les quatre principes fondamentaux vous confèrent des droits. Si un cahier des charges impose des exigences disproportionnées ou restreint la concurrence, vous avez des motifs pour poser des questions ou introduire un recours.

Utilisez le DUME de manière stratégique. Remplissez-le soigneusement et conservez-le en format XML. Vous le réutiliserez pour chaque soumission ultérieure au-dessus du seuil européen.

Suivez les évolutions. La législation évolue constamment. Un outil qui surveille le marché pour vous — comme TenderWolf — vous fait non seulement gagner du temps dans vos recherches, mais vous alerte également des changements pertinents.

Sources

Les textes législatifs officiels et les seuils actuels sont disponibles sur :

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